Mon père
Aujourd’hui, j’écris de mon père, qui était le meilleur homme au monde. J’ai deux raisons pour cette décision. La première, c’est que je le manque beaucoup ces jours-ci. La deuxième, c’est que j’ai découvert la semaine passée que les autres classes de francisation ont déjà commencé à apprendre le temps imparfait et la mienne est encore en révision du premier niveau. Alors, j’ai décidé d’avancer moi-même. Cet article est donc un défi émotionnel et intellectuel.
J’ai essayé d’écrire avec un ton comique et léger pour ne pas faire de la dépression à mes lecteurs.
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Mon père s’appelle Joel. Il aurait 53 ans maintenant, mais il est mort pour des raisons inconnues il y a plusieurs mois.
Mes souvenirs préférés de mon père sont les matins où on arrêtait pour déjeuner en route au travail. Il prenait toujours le même repas : un sandwich aux oeufs et un verre de thé glacé. Moi, je préférais les crêpes et du café. (Ça fait environ 7 ans que je bois du café tous les matins. Je dois arrêter de me demander pourquoi je n’ai jamais grandi.)
Après avoir mangé, quand j’avais du temps, j’aimais faire les mots-croisés pendant que mon père lisait le journal. Parfois, je pouvais le remplir sans son aide, mais il y avait souvent un ou deux mots que je ne savais pas, comme les noms des acteurs qui sont morts avant que je suis née. Et quand il n’y avait pas de nouvelles intéressantes, on faisait les mots-croisés en équipe. J’aimais beaucoup ces moments, bien que ça voulait dire que je ne suis pas aussi intelligente que lui.
Quand j’étais jeune, c’était toujours mon père qui venait pour mes événements scolaires, parce que ma mère est toujours pressée ou fatiguée (ou les deux—ça arrive souvent à quelqu’un qui travaille pour le gouvernement). Il était là à chaque fois que j’ai reçu des prix à l’école, que je suis partie pour des concours nationaux, et quand j’ai fini mes études. Il était aussi là quand j’étais abandonnée par l’autobus scolaire, bien que ça prenait deux heures pour se rendre de son bureau à mon école.
Ce que j’aimais le plus de mon père, ce qu’il a traité tout le monde également. Dans son travail, il rencontrait tout les genres de personne : des hommes d’affaires, des millionnaires, des pauvres pêcheurs, des criminels, des politiciens. Mais il ne voyait pas de différence entre eux. Il faisait les mêmes blagues et servait les mêmes cafés, peu importe combien d’argent ils font ou comment ils sont habillés. Et il aimait saisir leur entrejambe sans indiscrétion.
Plusieurs personnes ont dit que j’ai retenu beaucoup de qualités bizarres de mon père (mais pas l’intérêt aux entrejambes). Par exemple, son sandwich préféré était le sandwich au lait condensé. C’est vraiment juste du lait très épais et très sucré mis sur du pain, ça toujours rendait ma mère malade. Je l’aimais aussi mais seulement avec du pain de blé entier. J’ai un grand plan de faire Monsieur François l’essayer un jour.
Mon père était aussi très drôle. J’aimais aller magasiner avec lui parce qu’il faisait des blagues aux vendeurs. Je me souviens d’une fois où il magasinait pour une chemise. Il en essayait une devant le miroir et la vendeuse lui a dit, « Ça vous va très bien, monsieur ! » Mais mon père a répond, tout sérieusement : « Bien oui, je sais. Je suis un très bel homme et tout me va bien. »
Il y a une histoire qu’il aimait raconter. Il disait qu’un jour, il jouait au basket-ball et il a sauté pour attraper le ballon. Mais il était trop bon et il a attrapé la lune. Quand il l’a réalisé, il a remis la lune à sa place tout de suite. C’est évidemment faux, mais très drôle quand même. Monsieur François rit toujours quand je la raconte.
J’étais là le moment exacte où les médecins l’ont déclaré mort. C’était interdit de rester dans la chambre pendant le procès de réanimation, mais je ne pouvais pas quitter la chambre. Je suis restée à son côté jusqu’à la dernière seconde et c’était la meilleure décision que j’ai fait dans ma vie.
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29.11.2009 at 08:04
…Touchant.
Il manque qu’un oeuf à ta sandwich pour faire de l’excellent pain doré.
Voici quelques erreurs discernées:
“Aujourd’hui, j’écris À PROPOS de “, autrement celà ce traduirait par “I’m writing from…”
“avant que je SOIS née.” (présent du subjonctif)
“ça voulait dire que je ne suis pas aussi intelligente que lui”. Il faudrait soit inverser les temps de verbe ou les conjuguer à la même instance.
“touS les genres de personne”
procès est un faux-amis des langues française/anglaise.
processus = process
procès = Trial
Puisque le mot entrejambe inclu le pirénée il peu mené à quelques malentendus.
30.11.2009 at 13:00
Ton père était quelqu’un de très bien. Comique, genre pince-sans-rire, généreux et surtout très protecteur de sa fille chérie.
Pour ton français, Joe a apporté de bons commentaires, et je vais laisser ma femme en apporter d’autres. Elle est de loin meilleure que moi à ce niveau. Si tu continues à t’impliquer de cette façon en français, tu seras parfaitement bilingue d’ici peu.
03.12.2009 at 01:55
Joe: Un oeuf avec du lait sucré ne sent pas bon. Alors je voudrais l’essayer. Je viens de connaître le subjonctif, c’est un peu trop avancé pour moi en ce moment. Et c’est quoi un pirénée?
André: Je suis fière d’être sa fille. Je vais essayer de devenir au moins 80% bilingue pour Noël.