Les Vachon
Comme promis, je vous présente cette semaine la suite de l’histoire des Vachon. J’ai commencé ce blog comme une activité simple, mais on m’a dit que c’est très intéressant et plusieurs amis veulent savoir ce qui passera à la fin. Alors, j’ai décidé de continuer à raconter les belles vies de Pierre, Marc-André et Victoria.
J’ai toute l’histoire écrite dans la tête, mais ça ne va pas tout entrer dans un article. Voilà donc la première partie. Je vous avertis, par contre, que j’ai été un peu ambitieux et j’ai sûrement mélangé mes temps et mes verbes. Des commentaires et des corrections seront beaucoup appréciés. Joyeux Noël et amusez-vous !
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Marc-André Vachon remplissait sa valise, sifflant une chanson d’amour, quand sa femme Victoria est entrée dans la chambre. Elle semblait pressée et un peu impatiente, et Marc-André savait pourquoi : elle avait hâte de partir. Ses valises—elle en avait quatre, comme la plupart des femmes—étaient prêtes depuis une semaine.
Ça fait un an que Marc-André et Victoria Vachon sont mariés. Pour célébrer leur premier anniversaire, ils ont décidé d’aller à Nouveau Brunswick pour que Marc-André puisse rencontrer la famille de Victoria. Marc-André préférerait mieux voyager à l’Italie pour manger du vrai gélato et des bonnes pâtes, mais comme sait tout le monde, ce que la femme veut, Dieu le veut. Alors, avec une grande hésitation, Marc-André a acheté deux billets aller-retour pour le Nouveau Brunswick.
Maintenant, en fermant sa valise, il regarde Victoria qui l’attend à la porte. Elle est aussi belle que le jour où ils sont tombés en amour, mais ce n’était pas sa beauté qu’il regarde en ce moment : c’était le collier. Elle portait toujours les dents de requins autour de son cou. Marc-André n’avait jamais arrêté à y penser : qui a fait les colliers, pourquoi elle en a beaucoup, pourquoi elle les porte à tous les jours, et pourquoi ils l’attirent. Peut-être, il se dit, ce voyage me donnera quelques réponses. Soufflant toujours la même chanson (« Les Dents d’Amour » par les Sept Serpents Saignants), il a rejoint Victoria à la porte et dit : « Allons-y, minou. »
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Marc-André a voyagé bien plus long que les huit heures qu’il a passé dans la voiture. Mais puisque c’était une femme qui conduisait, ça a semblé plus long et vraiment moins confortable. Victoria a parlé toute la journée, de sa famille, de ses amis, de son maquillage, de la météo, du travail, de la politique, des tatouages de son ancien voisin à Gaspé. Mais ils sont finalement arrivés, et Marc-André essayait très fort de ne pas faire une danse de joie en sortant de l’auto. C’était six heures du soir, et le souper était prêt.
Une demi-heure plus tard, Marc-André et Victoria s’asseyaient dans le salon avec toute la famille, en incluant le chien qui s’appelle Harrison. Ils discutaient leurs plans pour le lendemain. Victoria a dit qu’ils avaient l’intention d’aller au marché le matin, pour acheter quelques souvenirs et pour introduire Marc-André à ses amis. Marc-André a été surpris par cette annonce, car Victoria ne lui a rien dit. Mais il s’est déjà habitué aux règlements des femmes, surtout les femmes comme Victoria : ce qu’elle veut, Dieu le veut.
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C’était le lendemain. Victoria s’est levée à six heures comme d’habitude, mais Marc-André est resté au lit deux heures de plus : il était encore fatigué du voyage. Elle voulait partir à neuf heures, trente minutes avant l’ouverture du marché. Comme prévu, quand Marc-André est descendu pour le déjeuner, Victoria attendait à la table portant une expression de malcontent. Elle arrivait souvent en retard pour ses rendez-vous avec Marc-André, mais ce jour-là, elle voulait avoir le plus de temps possible avec ses amis.
Mais pour Marc-André, ça ne faisait rien que sa femme n’était pas contente. Premièrement, comme on a dit, il était bien habitué aux habitudes des femmes et il savait qu’elle l’aimait quand même. Et en tout cas, en ce moment-là, l’attention de Marc-André était encore sur le collier qui pend du cou de Victoria.
Aujourd’hui, Victoria a choisi un collier à une seule dent. Blanche, délicate et périlleusement pointue, la dent solitaire donnait en même temps de l’admiration et de la peur. Marc-André avait un fort sens qu’il rencontrera bientôt l’artisan des colliers, dont les créations l’ont hanté pour des années. Ce jour-ci, je pourrais finalement me trouver face à face avec cet homme.