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Le bol d’urine et le secret de la confiture
Un souvenir d’enfance en deux parties
par June Ruivivar

Première partie : Le bol

L’été de 1990, mes parents m’ont amenée à la plage pour une grande réunion de famille. J’avais cinq ans et c’était la première fois que je voyais la mer. Quand j’ai vu la mer dans toute sa splendeur, j’ai été étonnée. Je n’avais jamais vu autant d’eau dans ma vie. J’ai dit à ma mère: “Mama, quel grand bol d’eau!” Elle a essayé de m’expliquer que ce n’était pas juste un bol, que c’était l’Océan Pacifique où flottaient les grands continents. Mais comme je m’étais déjà convaincue, je ne l’ai pas écoutée.

Mes parents m’ont dit de ne pas me baigner sans un adulte, parce que je ne savais pas nager. Mais j’étais très curieuse. Je voulais savoir qui avait fait ce grand bol et comment il avait mis toute cette eau dedans. Alors, aussitôt que mes parents sont partis, je me suis dirigée tout lentement vers la mer. Il y avait encore quelques adultes dans l’eau, donc je ne m’inquiétais pas. Théoriquement, j’étais avec des adultes, comme mes parents voulaient.

J’ai immergé mes pieds dans l’eau et j’ai commencé à marcher de plus en plus loin de la côte. Comme je pensais que c’était juste un bol, je m’attendais qu’il y aie un fond. Mais l’eau devenait de plus en plus profonde, et éventuellement je me suis trouvée presque complètement immergée. Je ne pouvais plus me contrôler et l’eau m’emportait loin des adultes. C’était à ce point-là que j’ai finalement commencé à avoir peur.

Heureusement, un des adultes m’a remarquée avant que l’eau m’aie complètement cachée. Il a nagé vers moi et m’a rapportée à la côte. Mes parents, qui venaient de réaliser que je n’étais plus là, ont couru vers nous et ont demandé où j’étais allée. Je leur ai expliqué tout ce qui s’était passé. Après avoir remercié le monsieur qui m’avait trouvée, ma mère m’a donné un bon coup aux fesses.

Ça m’a fait mal, mais j’avais autre chose en tête. J’avais bu beaucoup d’eau de mer, et je ne m’attendais pas qu’elle soit salée. Après y avoir pensé pendant quelques minutes, je suis arrivée à une belle théorie dont je reste très fière même aujourd’hui. Les fesses encore irritées, j’ai marché vers mes parents et leur ai annoncé, avec une grande passion: “Mama, Papa, ce n’est pas un bol d’eau, c’est un bol d’urine! Ces gens se baignent dans l’urine! Ces gens se baignent dans l’urine!” Ils ont éclaté de rire, mais je ne comprenais pas pourquoi. Ça me semblait plutôt bizarre qu’ils aient simplement ri pendant que leurs amis se baignaient dans un bol d’urine.

Deuxième partie : La confiture

Très déçue, je me suis assise dans un coin de la tente, où il y avait de la nourriture. J’ai cherché quelque chose pour éliminer le goût salé dans ma bouche, et j’ai trouvé un pot de confiture. Il était ouvert, et presque plein. J’en ai pris un peu avec une cuillère. Après deux ou trois cuillerées, je ne pouvais plus goûter l’eau salée. Mais comme la confiture était tellement bonne, j’en ai mangé de plus en plus jusqu’à ce que j’aie fini le pot.

J’ai réalisé quelques secondes plus tard que ce n’était pas intelligent d’avoir mangé toute la confiture. D’abord, ma mère serait sûrement fâchée. Deuxièmement, j’avais gâché mon appétit pour le dîner. Je n’avais qu’une solution en tête. J’ai pris le pot vide, et quand personne ne regardait, j’ai couru vers l’autre côté de la plage et je l’ai jeté dans une poubelle. Je suis retournée tout casuellement à la tente, où les gens avaient commencé à mettre la table. J’ai dû quand même manger mon dîner, sinon ma mère serait suspicieuse. C’était très difficile, mais je m’en suis sortie sans avoir mal au cœur.

L’après-midi, comme je craignais, ma mère a cherché la confiture. Je l’ai regardée par l’entrée, espérant que je n’avais pas laissé d’indices de mon crime. Elle a cherché pendant environ quinze minutes, mais pour moi, c’était une éternité. Finalement, elle a déduit qu’elle l’avait oubliée chez nous, et j’ai poussé un soupir de soulagement.

Je me sentais mal d’avoir gardé un secret de ma mère, mais je ne savais pas quoi d’autre à faire. Si elle avait su la vérité, elle m’aurait donné un autre coup aux fesses et j’aurais passé ma première visite à la plage en douleur. Peut-être aujourd’hui, comme je suis à l’autre côté du monde et ma mère ne peut plus accéder à mes fesses, je pourrais lui dire la vraie histoire de la confiture. :)

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One Comment on “*****”

  1. lynda Says:

    très drôle


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